Une héroïne dont on parle en permanence mais dont on ne sait rien. Les autres pensent pour elle, choisissent pour elle. Elle est le fantasme de tous.
On croit avoir à faire à une pièce sociale sur la lutte des classes, sur la place de la femme... Le propos est là, certes mais petit à petit une autre perception arrive plus profonde, plus souterraine.
On entre dans la pièce avec légèreté, avec sourire et petit à petit, sans s'en apercevoir une machine infernale se met en place, nous broie. Plus aucune issue n'est possible. L'architecture de cette pièce est implacable. On perçoit progressivement la partie trouble, inquiétante des personnages, les méandres de l'âme humaine, nos fêlures, notre relation au pouvoir, notre besoin de domination, nos aliénations intimes, notre vampirisme, notre folie.
Dans ce conte, la monstruosité fait partie de notre "humanitude". Elle est à la fois contemporaine, quotidienne, bourgeoise, elle fait partie de nous, dans une totale évidence.